vendredi 11 novembre 2011

FIBROMYALGIE ET ASSUJETTISSEMENT

La douleur est la représentation métaphorique du système de croyances. Lorsqu’il y a une distorsion des pensées, lorsque les émotions sont insuffisamment ou trop régulées, lorsque les comportements traduisent tout ce chaos intérieur, le corps souffre d’être si peu entendu et respecté. Il montre alors des signes de malaise et de refus d’aller plus loin en développant des douleurs aiguës ou chroniques. C’est justement quand les croyances s’effondrent que la douleur se fait sentir. Éric Bardot affirme : « Ainsi l’expression douloureuse a une double fonction protectrice : préserver notre intégrité corporelle d’une part, conserver cette conviction que nous sommes acteur d’un environnement familier et sécure et que nous en avons le contrôle».
Je voudrais m’attarder un peu sur cette douleur chronique dont on parle beaucoup aujourd’hui : le syndrome de fibromyalgie. Reconnu par l’Organisation Mondiale de la Santé en 1992, il fait l’objet de nombreuses controverses. Il s’agit de douleurs chroniques supérieures à trois mois, localisées dans un certain nombre de points du corps, particulièrement au niveau des articulations, des muscles et des tendons. Les douleurs sont diffuses, lancinantes, permanentes, avec des fluctuations journalières et périodiques. À la triade rhumatologique, douleurs-fatigue-troubles du sommeil, s’ajoutent des perturbations psychologiques : irritabilité, concentration… De nombreuses études insistent ces dernières années sur le rôle pathogène d’un stress majeur subi dans la petite enfance et réitéré à l’âge adulte. Le syndrome de la fibromyalgie pourrait donc être le stade ultime d’un épuisement et d’une vulnérabilité au stress.
Je m’aperçois pour ma part que ce syndrome atteint beaucoup d’assujettis ! Les diverses frustrations ou traumatismes vécus, sources de mauvaises croyances, obligent la personne à beaucoup de devoirs et peu de plaisirs. Je constate très souvent qu’un fibromyalgique est un soldat au service d’un système de valeurs complètement inadaptées à ce qu’il voudrait. Il subit la vie. Véritable Saint-Bernard, il se sacrifie au profit des autres. Il donne, se soumet, porte, encourage, protège sans compter et nourrit par là même une colère non exprimée d’être si peu respecté. Il mériterait une légion d’honneur pour bons et loyaux services !

Je me souviens d’une cliente qui cohabitait avec sa mère alors que leur relation était tendue, abîmée par des rancœurs jamais exprimées. Il régnait un climat d’oppression dans leur maison, source de nombreuses altercations. Ni l’une ni l’autre n’osait s’exprimer ni décider de prendre son autonomie. Ma cliente ne se sentait pourtant jamais aussi bien que lorsque sa mère partait en vacances ! 

Les phases de crise surgissent lorsque l’intrusion et les pressions du monde deviennent trop envahissantes. Mettre alors du plaisir dans sa vie en lui donnant un sens, le vôtre, pas celui des autres, bien sûr, permettra sûrement une accalmie ou du moins une meilleure gestion de la douleur.




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